mardi, septembre 04, 2007

Smile Like You Mean It

(And Smell Like Teen Spirit)

J' ai posé ma tête contre la pierre, dure, froide.

L'odeur sur mes mains, le tabac, l'abandon.

Chanter par syllabes presque entières.

Laissez-moi me réveiller au grand large...
C'est avec les sirènes que j' apprendrai la grâce et l'indolence.

Je vis trop souvent dans le noir ou dans la lumière, qu'aussi bien l'un ou l'autre m'assourdissent...



J'ai posé ma tête contre la pierre, dure, froide.

L'odeur sur mes mains, le tabac, l'abandon assouvi, repu.

Ferme les yeux

L'ancre est levée...


vendredi, août 31, 2007

Taglu. Mnouirf. Et Kaloude.

1 Laissez-moi un commentaire en me disant un truc aléatoire, comme vos paroles préférées dans la chanson que vous écoutez tout le temps ces temps-ci. Ou votre type préféré de sandwich. Un truc aléatoire. Ce qui vous tente.

2 Je répondrai en vous posant cinq questions pour avoir une chance de vous connaître mieux.

3 Vous posterez sur votre blog vos réponses aux questions.

4 Vous devrez inclure cette explication et offrir de poser des questions aux autres.

5 Vous donnerez cinq questions aux gens qui commenteront pour avoir des questions.

C'est Pierre qui m'embête encore. Parce qu'il a un coeur de P... (pardon, je vais me pendre.)

1/ L'aleatoire, c'est pas une manière de voir les choses que t'aimes?

Alors. On n'aime jamais aléatoirement. Enfin, je pense pas. (Le déterminisme, tout ça).
Mais j'aime la mise-en-scène qui fait en sorte que, qui laisse l'espace au merveilleux. Voilà. Ca répond à ta question?

2/ Moi je me demande toujours ce qui te pousse à prendre une plume plutôt qu'un dictaphone...

Quand j'étais petite, dès que j'écrivais, je m'en mettais partout sur les doigts et j'aimais bien ces taches.
Sauf que maintenant, j'utilise des bics.

Ouais. Bon.

N'empêche, les deux lieux où j'écris le plus sont le métro et les bars. Tu me vois avec un dictaphone?

Et puis, si je m'écoutais parler, je trouverais mes textes affreusement mauvais, je pense.

3/Soyons mesquin: entre un(e) de tes potes et un verre de très bon rouge, tu choisis quoi?

Là, c'est un choix cornélien. Ce qui me fait peur, c'est que dès que j'ai vu la question, j'ai commencé à réellement me la poser...
Je choisis les amis. Parce qu'ils arrivent à me faire rire jusqu'au moment où mon cerveau n'est plus oxygéné. C'est un peu l'ivresse ça, non?

4/Mais pourquoi est-ce que vous tripez sur les fesses des mecs?

Et pourquoi les hommes ne peuvent pas s'empêcher de regarder mes seins?
Et me dis pas que c'est pas vrai, tu es témoin du fait que j'ai failli provoquer un accident de la route. Oui, rien que ça.

5/Sans nommer: "sans les mains" ca t'évoque quoi? (... ... ...) (je peux pas écrire sans les mains. Ah ah. ^^')

Pas de bras, pas de chocolat ?
Avec les yeux et la bouche?

Allez, donnez-vous en à coeur joie, c'est rigolo, on a l'impression de se faire interviewer.

mardi, août 28, 2007

Déleste tes cils, mon amour.

Clique, Maestro.

Secrets
Share with another girl
Talking all night in a room
All night
Everything slowing down
I wish I was yours...

Strangers
Nobody knows we love
I catch your eyes in the dark
One look relives the memory
Remember me
The way I used to be



Je l'ai croisé dans un quelconque bar. La mine chiffonnée, il devait être aux alentours de 22 heures.

Pour moi, tout allait bien, vraiment.

J'ai commandé quelque chose de fort. Quelle importance?

Je l'ai regardé un peu en coin, il y avait un secret sur son visage : il transpirait la solitude.
C'est plutôt drôle parce que d'habitude, dans ce genre d'endroits, elle se fait toute petite la dame ; elle aura tout le temps de s'installer le lendemain matin, une fois l'amant d'une nuit parti et la gueule de bois qui te vrille les tempes.
Et là, elle s'exposait à mon regard, sans pudeur.

J'ai laissé filer le temps, laissé filer quelques chansons des années 60 qui me donnaient envie de danser.

J'ai vu qu'il m'observait, mais sans me voir.
L'air de rien, je fais très bien semblant, je peux facilement tromper mon monde.

Nos regards s'entrechoquaient quelques fois, comme les verres avec lesquels on trinque, dans une sorte de regret...

Cette communication silencieuse auquel il se prêtait réticent.

Pourtant, au début, c'était lui qui me cherchait.

Il a changé de place pour pouvoir regarder à la dérobée.

Voir sans être vu, quel fantasme...

Je suis descendue de ma chaise, j'ai gravi les quelques mètres qui nous séparaient.

Beaucoup de gens, beaucoup de bruits, de fumée, pour un lundi soir...

Je lui ai demandé s'il était peintre, et il m'a dit oui.

Dans ses yeux, il n'y avait plus que de la mélancolie, de la mélancolie hargneuse.

dimanche, août 26, 2007

Le Dasein

J'avais oublié.

Pour faire taire le vide, pour qu'il ne soit pas celui qui m'abandonne.

Une éclipse pour lui, de l'Autre Côté de La Manche, une éclipse dans mon âme.

Ca a été indiciblement facile de plonger dans l'obscurité.

Au bord de la Tamise, de ces quelques heures volées, voilà ce que j'ai retenu : ce n'était qu'une illusion.

Il n'y a pas de marasme, jamais. Pas d'absence de lumière entre nous deux.

Chaque appel résonne, et trouve sa voie.

Comment pourrait-il me manquer alors qu'il fait partie de moi comme je fais partie de lui?

Depuis son retour...


Depuis son retour, tout a repris sa place instinctivement.

Même la première fois où je l'ai rencontré, nous ne faisions que revenir l'un vers l'autre. C'est ce que nous faisons depuis toujours.

Il est là, à côté.

Ces milliers de détails... Ceux que ma mémoire ne pouvait plus me restituer. Comme une sensation égarée.

La sensualité affolante qui nous lie : de cette proximité que nombre d'amants pourraient nous envier.

Les discussions sur le balcon, dans le lit, avachis sur le canapé, à n'importe quelle heure, sur n'importe quoi.

Les batailles de nourriture, d'eau, les hurlements, les éclats de rire.

La beauté qu'il voit en moi, comme personne d'autre ne sait le faire...

Ensemble, au-dessus de chacun de nos gouffres, main dans la main.



Ce texte est évidemment dédicacé à Benjamin.

vendredi, août 24, 2007

jeudi, août 23, 2007

Si l'amour est un psychopathe, Dieu est un looser.

Mon inspiration est à l'image de la chanson française actuelle : NULLE.

Non, en fait, ça n'est pas vrai, mais je n'ai pu résister à la formule.


J'ai découvert récemment que Dieu était un chien.
Oui, oui : Dieu me mange dans la main.

Ce n'est pas faute d'essayer de m'en débarrasser, on a vu moins chiant comme boulet que Dieu (dans la mesure où il n'a aucun sens des proportions...).
M'enfin, Il se prend pour le Petit Poucet et s'évertue à ramasser des petits cailloux imaginaires.
Le problème, c'est que maintenant, il y a le wi-fi même dans les sous-bois.

Et qu'on ne me la ramène pas avec Sa Prétendue Omniscience, parce que Le Mec, s'Il avait un tant soit peu de jugeotte, Il aurait compris que ce n'est pas moi qui tourne autour de Lui, je suis le Soleil, Il est la Terre, et au passage : Il n'est pas plate (on ne sait jamais, hein), bref je ne vais vous faire un dessin non plus.

Et puis, quand tu y réfléchis bien, tu te dis que Dieu, merde, Il devrait avoir autre chose à faire que te courir après, ne serait-ce que parce qu'il en prend un coup dans sa dignité, le pauvre!
Bon Dieu, avec l'Ego qu'Il se tient, à vouloir être aimé et adoré de tous, ça doit faire tache dans son champ de vision une pauvre brebis galeuse comme moi.
En même temps, ça ne l'empèche pas d'essayer de me ramener dans le droit chemin, jusqu'à en perdre la face, et côté pile, les pensées de Dieu ont un côté tellement "brouillon" qu'il lui est difficile d'être exact.


Mais quand même, autant se détourner vers Ses Vrais Fidèles (oui VRAIS, parce qu'il y en a des faux à ce qu'il paraît... Mais là, ça devient trop subtil pour moi).

Peut-être qu'au fond, Il n'est pas Dieu et que je l'appelle ainsi seulement parce que je suis une femme faible.

Je vis dans le péché, c'est évident.

Pourtant, je ne crois pas que Dieu soit un vieux chewing-gum collé on-ne-sait-comment sur une de nos fringues préférées, ou bien une merde de chien qui ne veut pas se décoller de notre chaussure droite, ou encore un truc coincé entre deux dents qu'on n'arrive pas à s'enlever avec la langue, ni non plus une personne qui décide régulièrement de venir vous pourrir la vie.

Non, je ne crois pas.

Parce que Mademoiselle, Madame, Monsieur, je suis cultivée : j'ai lu En attendant Godot.

Et je crois que Dieu, c'est exactement ça : quelqu'un qui ne vient pas, un truc qui n'arrive jamais.

Le lieu de tous les possibles.

Si certains ne peuvent rester qu'à la croisée des chemins, ce n'est pas à eux que je jetterais la première pierre. Je suis restée, je reste souvent bien longtemps à contempler chacune des horizons qui s'offrent à moi, peut-être sont-elles même plus proches à ce moment précis.

Je donne ce texte en patûre à ceux qui s'identifient à ce qu'ils pensent être Dieu, substituant leur vie à une mégalomanie galopante.

Dieu, au fond, c'est l'absence de Dieu.

Et là, j'adhère, parce que celui-là, en plus, il me fout royalement la paix.

Merci pour ce cours de théologie :

lundi, août 20, 2007

Holy Days ?

Mes dernières semaines ont été pleines de ça :



Et puis de ça aussi :



Entre temps, je me suis fait voler mon sac de voyages à Marseille. Dedans, se trouvait le dernier Irving "Je te retrouverai". Hum.

L'agent de police qui a pris ma déposition était très fier d'avoir écrit "je suis remontée dans le train pour retrouver mon sac mais en vain". C'est également la seule phrase qu'il ait écrit sans aucune faute d'orthographe.

J'ai effleuré Cannes, Nice et même l'arrière-pays, c'est beau, c'est cher, ça sent bon le sable chaud.

J'ai fini avec un rhume, mais sans coups de soleil.

Je sens le fun en moi, je suis comme le Fanta.

Et surtout : plus de vacances avant longtemps. C'est trop fatigant.

Mais quand même (quand même), ça permet de prendre de jolies photos.

















dimanche, juillet 29, 2007

Et voilà.

Les Enfants, voilà le mois d'août presque avenu.

Je suis en tournage pour une semaine. Oui, oui, du cinéma, du vrai.

Ensuite, je vais sûrement partir, je sais pas trop où, mais il est temps de se ballader un tant soit peu.

Je vous laisse donc, et quand la bise viendra, nous ne serons point dépourvus, j'engrangerai les mots comme il se doit.

Je vous laisse avec ceci :



A bientôt :)

vendredi, juillet 27, 2007

Scheuffeule, ou comment j'ai été taggée

1. Allumez votre player de zique sans séléction au préalable et pressez le mode "aléatoire".
2. Appuyez sur "suivant" à chaque nouvelle question.
3. Utilisez le titre du morceau apparaissant comme réponse à la question, même si cela n'a pas de sens. PAS DE TRICHE!
4. Commentez ces réponses pour expliquer comment elles se relient à vos questions.
5. Une fois terminé, repassez le bébé à 4 de vos potes...

1. Comment vous sentez vous aujourd'hui?

Song :

"I want to rule the islands and I want to rule the sea but if you're not coming back I will sleep eternally"

Je suis pas très réveillée ce matin... Ca doit être pour ça. Et puis, oui, des fois, je jouerai bien à la Belle au Bois Dormant.

2. Irez vous loin dans la vie ?

Song :

On dirait bien que oui. J'adore cette chanson.

3. Comment vos amis vous voient ?
Song : The Beta Band - The Beta Band Rap

A priori : rigolote, pleine d'imagination et de dérision.

4. Vous marierez-vous ?

Song :

Bon ben ça je crois que c'est plié...

5. Quel est le thème musical de votre meilleur ami ?

Song : Sean Lennon - Queue

C'est drôle parce que cette chanson parle justement d'amitié. Et d'un choix à faire.
Mais comme le choix, je pense, est déjà fait, hein...

6. Quelle est l'histoire de votre vie ?

Song :

Un instrumental... Ce morceau fait penser aux BO d'Angelo Badalamenti.
C'est un peu glauque par moments et plus pur, plus serein par d'autres.
Avec cette voix toute douce, qui est juste comme un autre instrument... C'est le chant éternel.
Quand j'ai découvert cet album, je ne m'en suis pas remise. C'est ce mouvement lancinant, qui revient toujours, et la voix qui s'élève malgré tout, plus pure, mais aussi plus tranchante pour finalement se noyer et mourir.
Oui, oui, ça pourrait être l'histoire de ma vie.

7. Comment sont les études supérieures ?

Song : Cocteau Twins - Loreleï

"Can´t look out, can´t look in, you just might. Get yourself, get right. Out of the doors, In the light, we´ll make love."
Mes études, je peux en être, je ne peux pas ne pas en être. Ca c'est vrai. Mais si je me trouve, en gros, y'aura de la lumière et je pourrais leur faire l'amour. C'est ça qu'elle dit la dame, je crois.

8. Comment prenez vous de l'avant dans la vie ?

Song : Pascal Comelade - Hyparxiologi Del Rocanrol

En allant vers le plus intense. Ouais, c'est exactement ça.

9. Quel est la meilleure chose au sujet de vos amis ?

Song : Black Rebel Motorcycle Club - We're all in love.
Peut-être parce que nous sommes tous attirés par l'invisible, par ce quelque chose en plus qui manque.

10. Qu'il y a-t'il en magasin ce week-end?

Song : La Tordue - Le Brouillard

Je crois que les paroles de la chanson parlent d'elles-mêmes.

11. Pour décrire vos grand-parents ?

Song : Katerine - Le Jardin Anglais

Euh... ?

12. Comment va votre vie ?

Song : Roxy Music - The Bogus Man

Le morceau est assez dissonant, et les voix sont flippantes. En plus, un type me poursuit avec un flingue et va me tuer. Ca pourrait pas aller mieux, je pense.

13. Quelle chanson pour votre enterrement?

Song : Eels - Blinking Lights (for you)

Cette chanson est juste parfaite.

14. Comment le monde vous voit ?

Song : Dionysos - Mc Enroe's Poetry

Aaah ah ah ah.

15. Aurez vous une vie heureuse ?

Song : Beach House - Childhood

Les morceaux de ce groupe sont tous assez bizarres, on dirait que les musiciens ont composés sous acides... C'est un peu facile mais de celui-là en particulier se dégage une grande nostalgie, et en même temps, la sensation d'être irrémédiablement au présent.
Une sensation douloureuse mais extatique. Qui m'accompagne la plupart du temps.
Une vie heureuse? Non. Mais, je m'en tape.

16. Qu'est-ce que vos amis pensent vraiment de vous ?

Song : Yann Tiersen - Comptine d'été n°2

La chanson est triste et douce. Elle a quelque chose d'horriblement mélancolique aussi...
De là, à faire l'analogie...

17. Est-ce que certains ont secrêtement envie de vous ?

Song : Les Jambons - La Chasse

Si je suis désirée, c'est par un espèce de taré qui tire tout ce qui bouge. Mais avec un fusil. Hum.

18. Comment puis-je me rendre heureux ?

Song :

Bon ben...

19. Que devrais-je faire de ma vie ?

Song : Patti Smith - One Voice

Donnez de ma voix. Oui.

20. Aurez vous des enfants ?

Song :

Ben, si j'essaie, on dirait que ça va être fun.

21. Un strip-tease sur quelle chanson ?

Song :

Obligé. Faudra juste ralentir tous les mouvements. Ce sera un strip tease hippie quoi. Mais ça me va.

22. Si un homme dans un van vous offre un bonbon, vous faites quoi ?

Song :

J'y vais, que pourrait-il m'arriver de pire de toute façon?

23. Que pense votre mère de vous ?

Song :

Ah hum, si je me fie à la chanson, elle me voit comme une fille qui vit dans ses rêves. Ce qui n'est pas éloigné de ce que je suis. Mouarf.

24. Quel est votre profond et sombre secret ?

Song :

Un secret? Des milliers. Oui, chaque chose recèle un secret. Le fait que je veuille les effleurer n'en est pas un.

25. Quel est le theme musical de votre ennemi mortel ?

Song :

Euh, mon ennemi mortel est content pour moi que je sois amoureuse?

26. Votre personnalité ressemble à quoi ?

Song :

Elle ressemble à quelqu'un qui ne sait pas grand chose... Mais qui sait regarder quand même.
Enfin, je crois.

27. Quelle chanson pour votre mariage ?

Song : Katerine - Patati Patata

Eh ben, celui qui m'épousera, il va définitivement douiller.

Allez y'a Mlys, Kinishao, la mademoiselle Coco (quand elle rentrera) et la demoiselle de If You're Feeling Sinister qui ont gagné le droit d'être taggés.

Youpi.

mercredi, juillet 25, 2007

Abrégée







Partiellement inspiré par "L'Autre Côté de la Méditerranée"


Demain et aujourd'hui : les chrysanthèmes.
Pas d'hier. Jamais.
Le temps est une promesse non tenue : un secret de polichinelle.

Se vautrer, et pour mieux s'y faire, se vautrer encore.

(Devenir parjure)

Pourtant : Deviner la plaie.

La Mer absente en soi, dont l'autre ressent en n'importe quel lieu le reflux.

La brûlure diffuse, orgueilleusement ignorée, elle.

Pas d'oubli, pas de mémoire, pas d'appui.

Accueillir le désespoir déçu.
Les voilà : les chants morts, la résignation rieuse.

Le suicide falsifié.

La terre roussie voudrait se racheter une vertu.
Mais le ciel est un vide abîmé plutôt qu'abymé.

Il ne pleuvra plus.

Laisse donc le soleil finir son travail.

De cette façon, oui,

la Mort, je la vois comme si elle était toi ou... Moi.







dimanche, juillet 22, 2007

2001, A Space Odyssey

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.

Charles Baudelaire


vendredi, juillet 20, 2007

Déflagrations d'Ego III

Quand j'étais petite, je vivais à la campagne. Enfin, je dis ça : je dis pas grand chose.

Imaginez, la respiration de la nature, le repos du guerrier.
Avant même d'avoir commencé à combattre.
Enfin non, lutter, j'avais déjà commencé.

Mais, quand même, lutter au milieu des fougères et des fleurs que ta maman, elle te dit que c'est du poison, c'est vachement plus onirique dès le départ que les pots d'échappement et le bitume.

Mais en fait, le bitume c'est poétique, surtout quand il pleut ou quand il a plu. Ils te font comme des miroirs opaques de toi-même.

J'en ai pris des photos même tellement je trouve ça beau, un ami à moi, pour se moquer, il a dit que c'était des photos de trottoirs mouillés.
Je lui en veux pas, je l'aime bien quand même.

Et puis, des fois, quand j'étais petite, avec mes parents, on allait chez des amis qui vivaient en ville.

On allait à Lyon, la terre où je suis née (à la clinique Montplaisir - ça s'invente pas ), je me souviens qu'à chaque fois, je savais qu'on était arrivé parce que y'avait des grands ponts en béton au dessus de la rocade, et que ça voulait dire qu'on était dans une ville, une vraie grande ville.
Et j'adorais les voir ces passerelles.

C'était elle qui marquait mon retour aux origines, même si je ne les empruntais pas (surtout parce que je ne le pouvais pas).

Quand j'étais gosse, j'étais fière d'être née à Lyon, fière de l'héritage d'être née dans l'ancienne capitale de la Gaulle.

Je pense que j'aurais été moins fière si j'étais née dans notre capitale actuelle.

L'Histoire me rendait l'espoir d'une grandeur passée et donc intacte.
Du moins, c'est ce que je me disais quand j'étais petite. Peut-être pas comme ça mais pareil quand même.

Je me souviens aussi des embouteillages, chose qui me paraissait absolument incongrue.
Je ne comprenais pas pourquoi ça énervait tant mes parents, moi, ça m'émerveillait.

Je trouvais ça génial.

Être là, coincés pour un temps indéfini, dans un voyage qui semble ne plus vouloir arriver à son terme.

Les embouteillages, c'est le contraire de la Mort.

N'empèche que si je vous raconte tout ça, c'est parce qu'hier, je réussissais pas à dormir.

Pas de souci particulier pourtant en tête, juste cette insomnie injuste.

Alors je me suis mise à penser qu'il faisait trop chaud.
Et j'ai relevé le rideau en métal de ma porte-fenêtre (chacune des pièces de mon appartement donne sur un balcon), aaaah cette lumière jaunâtre qui a empli ma chambre...

Tandis que je me demandais quelque peu anxieuse si les gens pouvaient distinguer mon corps nu (et alangui - forcément) puisque j'habite au premier étage, je me suis mise à écouter patiemment les bruits qui me parvenaient de ces gens (qui en fait - j'ai réalisé - n'en avaient rien à faire que je sois nue, ils avaient autre chose à foutre.)

Et j'ai pensé à quand j'étais petite et que le moindre bruit citadin avait sur moi un effet chimérique extrêmement dense.

Ce serait difficile à décrire cette impression.

Tout ce qu'il y a en retenir, c'est que maintenant que je suis grande, j'écris un roman rien que sur elle.

Sur un garçon, pas très grand, mais plus très petit, et une histoire de caillou, de haine et d'amour.

En attendant, j'ai bu et je suis fatiguée alors je vais aller me coucher.


En espérant ne pas dormir...





dimanche, juillet 15, 2007

Bravade




L'espace d'un instant : Dissoudre le temps.
A chaque pleine lune, la célébration du corps. Immuable, ancrée.
Qu'elle devienne l'exception par un défi lancé au monde.

L'image se gondole.

Les hurlements s'estompent, s'abandonnent à la musique intérieure.

L'univers n'est plus qu'un, cette sensation : celle de la caresse de mes cheveux sur mes épaules, celle de leur spectacle.

Sensation triomphante, imperturbable.

Mes rêves sont avides et féroces, ils avalent le monde.

Mon entre-moi, où vous pourriez vous enfouir.

Votre mémoire doit, elle aussi, m'éprouver :

Je suis mi-animal, mi-déesse.

jeudi, juillet 12, 2007

Demain ou hier, l'Amour

Je ne parle pas. Je ne veux pas laisser de traces, je n'aime pas ça.
Je me masque, le chemin inverse existe, il est dérobé à leurs vues.
Mon étrangeté est mon extrémité.
Le mystère dont on ne doit pas se défaire.

L'inconnu, la servilité et la liberté qu'il implique.


L'ignorance rétroactive, la foi déclinante.

Ou le soulagement amer.

Ou (où) l'expectation, vitale :


La Source.

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.
.

samedi, juillet 07, 2007

L'ingénuité


Elle a tressé mes cheveux.
Elle cherchait mon ivresse sur une carte, la petite fille.
La langue aussi nous fait nous retourner... Pas revenir, non, juste nous retourner.
Elle a maquillé mes yeux, y avait-il quelque chose de mieux à faire?
La parole affleure et l'étrangle, l'enroule autour d'elle-même.
La langue fait des multiples de sept.

Ca ne porte pas bonheur.

Le chaos, c'est incontinent.
Pourtant chaque jour, j'ai essayé, de le traduire, en équations remarquables.

Mais l'obscénité.

Pour me faire mentir.

Pour l'achever. La finir du bout des ongles.

lundi, juillet 02, 2007

"Il vaut mieux que je parte avec des illusions qu'avec rien du tout." Marie W. le 15 juin 2007, 2h38 AM

Commençons par quelque ritournelle bien mélancolique. Guitare sèche, son épuré, voix douce.
Le café passe.
Le café est passé.
Tasse, sucre, petite cuillère.
Attendre avant la première gorgée.
(Ne pas penser à Delerm, père ou fils, peu importe)
C'est trop chaud.
Enfin... C'est cette première gorgée qui déclare ma journée ouverte.
Et je fais déjà traîner en longueur.
Cigarette.
Le Fleur du Païs, c'est vraiment pas bon.
Mélangé avec le café, j'ai l'impression d'avoir la bouche plâtrée de quelque chose qui s'apparenterait à de la crème pour pieds secs.

Je vous le dis tout de suite : N'essayez pas, c'est dégueu.

Tergiversations, dilemne cornélien : prendre une douche ou ne pas prendre une douche?
Allez, je vais en prendre une sinon je vais être trop en avance.
Il faut savoir que depuis tout à l'heure, outre ses préoccupations bien pragmatiques, mon cerveau produit aussi des milliers de moitié de phrases, de bouts de pensées et d'ébauches d'émotions. Si bien que quand j'arrive sous l'eau, je finis par dire à haute voix, comme si m'apostropher réellement allait y changer concrètement quelque chose :

Ta Gueule!

Ca ne marche pas, et j'ai l'impression que mon cerveau est constitué de poissons à l'agonie.
Le problème, c'est que ça sautille encore un peu trop dans tous les sens.

Habillons-nous.
Dehors, il fait moche.
Dedans aussi si vous avez bien tout suivi...
Je me dis qu'au moins, y'a un truc avec lequel je suis en corrélation...
Et en fait, j'arrive même pas à m'en convaincre.

Sac, papier, stylo, livre, portefeuille, clés, portable.
Je n'ai plus de clopes, AU SECOUUUUURS.

Lecteur MP3, changeons de registre. Là, ce qu'il me faut, c'est quelque chose de bien abrasif. Les Stooges.
Funhouse.
Oui, on fait pas semblant, on met du gros sel sur la plaie à vif.

Ooh, I been dirt
And I don't care
Ooh, I been dirt
And I don't care
Cause I'm burning inside
I'm just a yearning inside
And I'm the fire o' life

Passons le métro, marchons au travers des travaux.

Entrons.
Retrouvons le bruit de la photocopieuse, du téléphone et surtout, surtout des talons qui claquent sur le parquet.
Asseyons-nous.
Non, en fait, on avait tout rangé avant de partir vendredi.
Sortir la machine à relier (la relieuse?), les bonnes photocopies. Et : En avant!
On est arrivé avant presque tout le monde bien sûr (la douche n'y aura rien fait), et tandis qu'on a le nez dans les feuilles à photocopier, perforer, relier (encore et toujours, encore et pour toujours), arrive un monstrueux phénomène, qui - on le croyait, on avait foi - avait disparu depuis 20 ans, au moins :

La femme des années 80

Tellement maquillée qu'on pourrait croire que c'est un travesti, et qui porte au bas mot, une bombe de laque dans les cheveux (ça doit être lourd).

Et l'autre collègue de l'accueillir avec un "Oh, mais tu es toute belle aujourd'hui".
Il est malheureusement clair qu'elle est sincère.

Ri-ca-nons.

La femme des années 80 nous dit bonjour en nous vouvoyant. Ce serait presque dégradant (vu l'activité hautement intellectuelle que l'on mène, on se dit qu'on n'a pas droit à autant de déférence) ( se dire qu'on pousse le bouchon un peu trop loin, Maurice) (se dire également qu'utiliser des pubs pour faire des effets humouristiques, c'est has been, si ça a jamais été in).

Réfléchissons depuis une bonne heure (à perforer maintes et maintes feuilles) sur le caractère aliénant du travail.

Regardons Stalactite arriver.
Stalactite, parce que c'est la fille la plus froide qu'on a jamais vu de sa vie.
On complètera le tableau dans l'après-midi avec le constat effrayant qu'elle réussit à être absolument et infiniment égocentrique en n'importe laquelle des situations.

Rentrer entre midi et deux, manger un peu de salade. Regarder un épisode de Grey's Anatomy.
On a plus peur de rien : On vit sa vie amoureuse à travers les personnages d'une série américaine (ah mais c'est fait exactement pour ça, en fait? ah d'accord)
(se dire qu'avec un peu de chances avec ce programme de pause déjeuner, on ressemble presque aux autres filles qui peuplent les bureaux, et pour de vrai, en plus.) (et après se dire qu'on est vraiment pathétique et que notre dignité ne tient plus qu'à un fil)

Reprendre le métro, re-entrer, abandonner l'idée d'appeler des gens pour le dire "waa venez dans notre école qui coûte la peau des fesses parce qu'elle est génialement trop bien" au bout de 3 coups de fil à des minettes totalement stressées par l'approche de leurs résultats du bac.

S'habituer à l'idée qu'on va passer 4 heures de plus à faire des photocopies, se servir un café, faire une blague devant la machine Nespresso, en disant qu'on voudrait bien la machine chez soi mais aussi Georges Clooney avec (ça y est, on leur ressemble vraiment! What Else?), rire crispée d'une énième collègue qui n'a pas la chance d'avoir un surnom (ah ben non on est toujours pas pareil... merde).

J'ai fini la journée.
Je suis rentrée chez moi.
Entre temps, j'ai détesté tous les gens qui étaient dans le métro.

Et j'ai continué à me détester aussi, il n'y avait pas de raisons...



Et sérieux, elle est pas belle, ma vie?





samedi, juin 30, 2007

Mon premier amour


J
e me consumerai
Pas de cendres

J'immolerai mon coeur

De plaies béantes, je ne peux voir.

Je hurlerai (à) la nuit
A l'aube, toujours aucun cri n'avait retenti

Ombre imbécile, inoffensive. Garde ton anonymat.

L'Horreur inutile, cousue de fil blanc au réel, qui s'effiloche par bouquets entiers.

Moi, je regarderai mes vêtements devenir des loques.
J'accrocherai des fleurs à ma porte d'entrée.
La lumière éblouira ceux qui entreront chez moi.
Je serai à l'envers, comme sur les négatifs des photographies.
L'enfance n'aura plus ce goût vital, dérisoire.

Le temps sera arrêté.

Je n'aurai plus de raison de me lamenter, le bruit cessera, plus aucun oiseau, plus aucun chat, je serai sourde, le monde lui-même sera silencieux.

J'ouvrirai ma bouche, sur ma langue, fondra la neige.

En marchant, peut-être que je trouverai une plume ou deux.

Gravant la rivière de ma peau, m'oubliant dans la douleur physique, je parviendrai peut-être à oublier ces ténèbres fugitives, idiotes, faussées par temps de défiance, par beau temps.

Je hais le ciel.
Je hais la terre.
Surtout, je hais leurs entre-deux.

mercredi, juin 27, 2007

Parce que Pierre a dit

que ça illustrait bien mon rapport avec les garçons... Voilà :

samedi, juin 23, 2007

Free Jazz

Perdre la vue.
A qui donneras-tu le témoin?
Quand tout t'éblouït, tu ne peux plus la voir cette lanterne qui t'ouvre le chemin.

Balance par dessus bord le sel, tes cheveux et puis le reste.
Deux mains posées, le regard par dessus.
Le tangage.

Tangue!

Fais attention : ta voix se noie, ta voix est noyée.
Et quand même obtenir une réponse.

Si tout se déchaîne, c'est une frénésie, mais une frénésie habitée.

Ta voix culmine maintenant.

Et tu voudrais t'en envelopper de cette onde caressante.
En toi, elle appelle, lancinante.
Et ce n'est qu'un écho qui s'intensifie jusqu'à t'assourdir.

Point le gémissement, point de soulagement, point de non (-retour).

Hurle maintenant.

Tout s'accélère

[Encore]

L'harmonie ne durera pas

[Toujours]


La longue marche au dessus du vide.
Le rythme et la cadence jusqu'à oublier l'humain.
Ainsi, mieux le trouver, mieux le re-trouver.

Défis-moi, défais-moi.

Car, ta langue, maintenant, ne m'est plus étrangère.

jeudi, juin 21, 2007

Nier ce que nous sommes (ou la célébration)

Vous voyez, ma jeunesse n'est pas révolue. C'est un constat qui se vérifie relativement souvent.

Je perçois ce qui m'échappe, je vois ce qui m'attends.

Bien sûr, mais oui bien sûr, il y a une part d'éblouïssement, de déni zélé.

L'infini des possibles, après tout, je ne veux pas en faire le compte, je veux en faire des contes.

Un souffle appelle un souffle et puis en appelle un autre, encore.

Et se libère entre chaque interstice la voix.

Vacillante, mais là.

Do, Ré, Mi, Fa, Sol.