mercredi, août 30, 2006

La nuit rêvée - Part One

La nuit est féline. A pas feutrés, elle étend ses droits. Féline et pourtant anguleuse, elle vient choquer avec les angles droits des bâtiments. Si vieux les bâtiments, ils ont l'air désaffecté. Ville-fantôme. Il n'y pas d'ombre, le béton se découpe fièrement dans l'azur d'encre noire, grâce à la lumière blafarde des réverbères. Leurs peaux sont jaunies, la pâleur de l'un n'a rien à envier à l'aspect cuivré, compacte, presque hermétique de l'autre. A chaque instant, il attend de voir s'il ne va pas se craqueler ce visage, s'effriter et tomber en lambeaux sur lui. L'expression figée de ses traits exacerbe la sensation d'angoisse à la limite du supportable. Il lui saisit les mains, elles sont froides, glaciales. Leurs respirations accélérées provoquent une nuée de brouillard entre eux. Comme s'il n'y avait plus que ça pour les maintenir séparés.
Pas de lune, pas d'étoiles, ce soir.
Face à face avec leur monstruosité, face à face avec leurs néants.
Souffle coupé.
Silencieusement, elle tente de lui faire comprendre qu'elle a mal. Il y a quelque chose de pathétique dans la façon dont elle a de balancer son pauvre corps. Elle ne peut pas s'arracher à son emprise, elle romprait le fin équilibre qui les unit, même si elle ignore encore pourquoi elle veut tant le garder intact. Elle essaie de ramener un semblant d'ordre dans ses pensées. Saisir une idée, s'y tenir, agir. Mais plus elle s'accroche à ce but, plus sa conscience dérive et lui échappe. Il y a quelque chose de visqueux dans ces marasmes, quelque chose de visqueux dans la sueur qui coule au bas de ses reins. Il vient plaquer une de ses mains à cet endroit précis. Un long frisson de dégoût remonte dans sa colonne vertébrale et finit de lui nouer la gorge.
Il n'y a que le crissement de leurs pieds sur le sol pour venir troubler le silence. De loin, on pourrait croire qu'ils dansent.

Pas brisés, arabesques macâbres, confinées.

dimanche, août 06, 2006

Je vais...



...aller voir ailleurs si j'y suis. En espérant revenir inspirée... A bientôt.

mercredi, août 02, 2006

De ces choses...

Qui n'arrivent qu'à moi...
Oui, oui, je vous assure. Ca n'arrive qu'à moi, la preuve : personnellement, je croyais que c'était le lot de tout le monde de vivre ce genre de choses mais, en fait, un jour, on m'a dit que non, on m'a dit que j'avais sûrement un truc spécial, un "don" (vous savez ce qu'on dit des dons... Y'a des moments sympas et des moments... Des moments moins sympas!). Allez, je vous raconte :
Je sors de chez moi, il y a quelques heures, pour aller retrouver des amis avec qui je devais pique-niquer sur les bords de la Garonne, très exactement sur la Prairie des Filtres (quand on habite dedans le béton, le moindre coin de verdure devient une occasion exhaltante d'aimer la Nature avec une hystérie toute incontrôlée), j'ai comme à mon habitude, les écouteurs de mon lecteur MP3 vissés aux oreilles et Interpol qui tourne (lumière blafarde dans une chappe d'électricité, j'aime), quand une plus toute jeune dame m'arrête à 100 mètres à peu près du métro :
- Excusez moi de vous arrêter, mademoiselle, mais j'ai besoin d'un renseignement, je ne veux pas vous ennuyer...
Je vois bien à sa mine déconfite qu'elle se sent vraiment mal à l'aise de devoir apostropher les gens dans la rue ainsi mais elle a en même temps cette forme de détermination affranchie des conventions qui font que je décide de l'aimer tout de suite. (Oui, oui, j'ai le temps de me dire tout ça en deux secondes, sinon, ben, ça servirait à quoi d'être écrivaine?)
Le temps de lui tirer un grand sourire et dans un seul souffle, je lui demande ce que je peux bien faire pour elle.
- C'est que je cherche une femme, elle est noire, assez grande, très (elle hésite sur le mot, mime une certaine opulence avec ses bras et finit par dire) forte.
Je secoue piteusement de la tête.
- Elle s'appelle Lucette, c'est une jeune femme très gaie, toujours très vive, vous ne le connaissez pas?
Je me sens soudainement et sincèrement très affectée de ne pas connaître cette Lucette. Cette question a cependant quelque chose d'aberrant, puisqu'habitant dans une cité HLM, et même si j'ignore le nombre exact de personnes qui vivent ici, les probabilités pour qu'une fille croisée dans la rue au hasard connaisse Lucette sont quasi réduites au néant et même si j'en suis fort désespérée, j'ai tout de même pour moi un certain réalisme qui pousse à la fatalité. Et comme bien évidemment, je n'aime pas ça, je lui propose mon aide, pour quoi que ce soit...
Cette Lucette n'a-t-elle pas un numéro de téléphone? Je me sens déjà prête à dégainer mon portable pour le donner à la dame et qu'enfin, tout soit résolu... Mais, je sens quand même intérieurement que ce serait vraiment déplacé que la nouvelle technologique puisse achever cette histoire et j'espère tout de même instinctivement que ça ne marche pas.
-Et non, nous n'avons pas son numéro! (Je soupire de soulagement, en dedans moi, mélé tout de même de vague culpabilité, être à ce point amoureuse du romanesque, ça peut être assez égoïste)
Et là, j'ai la chance ultime qu'elle me raconte à quel point elle est fébrile de retrouver cette dame car dit-elle, elle ne sait pas exactement où elle habite, juste comme indication derrière la bibliothèque, qu'elle a demandé qu'on la dépose là en se disant qu'elle allait la trouver, elles se connaissant de l'Eglise mais elle n'est jamais allée chez elle. Elle m'explique de quelle Eglise elles sont exactement (désolée, ce genre de détails je ne peux les restituer, je n'ai pas assez de mémoire pour cela...)
- Et vous comprenez, on a un archevêque qui vient de Lyon et qui fait une messe demain alors...
-...Alors, vous aimeriez la prévenir?
- Oui, c'est exactement cela, et je n'ai plus qu'à -vous savez- aborder les gens maladroitement comme ça, comme je viens de le faire avec vous...
Et je me sens vraiment désolée de ne pouvoir l'aider, et je lui dis, tout en sachant pertinemment que de toute façon, je n'en avais pas les moyens.
Et je m'en vais avec le sentiment d'avoir vécu un moment unique.
Pourquoi?
Parce que cette vieille femme, certains auraient pu la percevoir comme folle : parce qu'elle était d'une gentillesse et d'une retenue complètement ancienne, parce qu'elle avait les yeux qui brillaient et qu'elle se sentait réellement mal à l'idée que cette personne ne puisse pas aller à cette messe, que ça lui tenait vraiment à coeur, parce que surtout elle ignorait tout de la réalité qui l'entourait...
Ca, ça n'est pas de la folie... Ce qui est de la folie, c'est tout le reste.

lundi, juillet 31, 2006

...

Il fait vraiment trop chaud pour réfléchir... Il ne nous reste plus qu'à faire des apéros et manger des grillades. Arf, que c'est dur l'été.
(Je lis quand même trois bouquins en ce moment, je ne suis pas totalement en friche intellectuelle :
- Le premier de Burgess : L'Homme de Nazareth. Conclusion : Jésus, il est trop cool, Jésus c'est mon pote.
- Le second de Camus : L'Eté. Du lyrisme autant qu'il en faut pour s'inspirer des gouttes de sueur qui suivent les courbes de nos corps moites. Miam Miam.
-Le troisième d' Irving : L'Oeuvre de Dieu, la Part du Diable. Je n'en suis qu'au tout début, mais ce livre semble en tous points délectable. Hé Hé.)

lundi, juillet 24, 2006

Misandrie (nf, v. 1970) haine ou mépris du sexe masculin.

Pouarf, ça pue.
Voilà pour le texte qui réhabilite les hommes.
Je vous l'avais promis mais sérieusement, je ne crois pas que les donzelles (de tout âge, s'entend) à la cervelle d'oiseau puissent être le centre d'un de mes textes. Rien que d'y penser, je suis fatiguée.
Moi, j'aime les hommes.
Alors, on pourra les traiter de tout, de lâches, d'inconstants, d'égoïstes, je ne vois pas vraiment la différence majeure qu'il y peut y avoir entre nous.
Si les femmes ont besoin de se sentir supérieures en assenant que leur sensibilité les rend meilleures que les hommes, je trouve ça aussi stupide et répugnant que des siècles de domination masculine.
On dit qu'il y a toujours un dominant et un dominé... Qui a le plus besoin de l'autre? Question pour le moins stérile.
Le manque de perspective psychologique, la facilité avec laquelle on se laisse bercer par des archétypes bien confortables, histoire de ne surtout pas remettre en question notre morale prémachée, imbécile nous fait reproduire encore et encore les mêmes schémas.
Loin de se douter de notre héritage culturelle, idéologique, des milliers de gens vivent en ignorant ce qui les façonnent de A à Z.
Je ne crois pas en Dieu, parce que bien trop de gens y ont eu cru avant moi et depuis trop longtemps.
Hum, vous allez me dire que je suis élitiste...
Ca n'est pas le cas. Depuis un sacré bail, c'est ainsi, on ne peut réclamer des gens qu'ils ouvrent les yeux. On peut juste déjà essayer soi de se départir de sa propre bêtise et c'est loin d'être une mince affaire.
On essaie de nous faire croire que l'amour peut nous sauver mais ce n'est pas le cas. J'en ai fait maintes fois l'expérience.
Combien de téléfilms pourris transformant les hommes en salauds ou en lopettes, j'ai pu me mater?
Combien d'auteur(e)s castrent leurs hommes, les féminisent, leur donnent une émotivité toute guimauve à l'image de ce que la femme est censée attendre?
L'homme idéal serait donc une femme avec des gros bras pour nous entourer quand la vie est trop dure et une bite qui nous fait quand même jouir car il sait faire parler la putain qui est en nous sans la mépriser?
Les femmes se sont faites juges des faiblesses masculines dans ce que j'imagine elles pensent être un juste retour des choses, pour des années de soumission... Rien ne les empéchera cependant de ramper car elles veulent rencontrer l' "âme soeur" (concept que je trouve d'une ineptie au delà du pensable), avoir un enfant, etc : c'est tout simplement viscéral.
Aussi viscérale, je pense, que l'aptitude de l'être humain à condamner ses pairs pour des fautes qu'il a lui aussi commises ou qu'il est par là même en train de commettre.

samedi, juillet 22, 2006

Six Feet Under



J'ai des larmes qui montent. Larmes fictives pour de réels tourments... Pourquoi ne gardons nous jamais à l'esprit que nous sommes mortels?

mardi, juillet 18, 2006

Toujours de Perpignan...

Le hasard a quelque fois du bon... Longtemps que je regrette l'immobilisme dans lequel je m'enterre, des semaines que je me répète inlassablement "faut que je bouge, faut que ça bouge, faut que les choses changent".
Et elles vont changer, croyez moi. Encore fallait il que j'en trouve les moyens. C'est fait.
Qui a parlé de hasard?

lundi, juillet 17, 2006

Coups de soleil et pourrissements simultanés

J'ai le dos cramé et pris un sacré coup de maturité. Ca fait du bien là où ça fait mal et... Inversement.

De retout bientôt.

jeudi, juillet 13, 2006

De ceux qui me poursuivent...

Goldfrapp - Utopia / Felt Mountain

It’s a strange day

No colours or shapes
No sound in my head
I forget who i am
When i’m with you
There’s no reason
There’s no sense

I’m not supposed to feel
I forget who i am
I forget Fascist baby
Utopia, utopia
My dog needs new ears
Make his eyes see forever
Make him live like me
Again and again

I’m wired to the world
That’s how i know everything
I’m super brain
That’s how they made me.

mercredi, juillet 12, 2006

En préparation...

Vous avez vu comme je suis gentille, je vous informe de ce qui est à venir :

Un texte sur les hommes. Pourquoi? Marre de voir les nénettes décider que tous les mecs sont des salauds. De toute façon, il y a autant de garces que de connards. M'en va vous en faire une petite palabre que vous pourrez lire prochaînement.

Ca, c'était pour ce qui concerne directement le blog... Vous savez pour la plupart que je suis animatrice d'une émission de radio libre depuis presque bientôt 3 ans. Mes joyeux a(l)co(o)lytes, quittant la sphère métropolitaine, me laissent seule et désespérée. Comme je leur voue une fidélité toute exacerbée (vous me demanderez - et vous aurez raison de le faire - ce qui n'est pas exacerbé chez moi), je ne me vois réellement pas reprendre l'Apéro Night sans eux. Je vais pas vous en faire un roman de cette histoire, mais en gros, l'Apéro Night, c'est François, Fabi et moi, sinon, ça n'est pas. Il n'y a pas à chercher plus loin. J'adore l' irrévocabilité de certaines choses dans ma vie, c'est tellement rare... :)
Pourtant, à R d'Autan, la toute belle radio dans laquelle nous produisons donc cette émission, me fait du gringue pour que je continue toute seule ou accompagnée d'autres personnes quelque chose l'année prochaîne, et même un autre concept.
Cela a commencé de me trotter par la tête, même si je dois avouer la blessure ouverte de mes amis me quittant me donne quelques réticences. Cependant, le fait que je puisse les rejoindre dans l'endroit paradisiaque où ils ont choisi de migrer me baume assez le coeur pour que je puisse envisager de perpétuer mon bénévolat radiophonique pour une année encore... Hé hé hé. Et bon, j'imagine bien faire un truc culturel forcèment mais, c'est un tel fouillis dans ma tête et je ne m'intéresse tellement jamais aux mêmes trucs en même temps, qu'il faudrait que j'érige l'anarchie primaire comme structure même de ma potentielle émission (structure qui se calquerait en fait sur mon cerveau pour le moins dézingué, oui oui, je suis bordélique dès le bulbe rachidien, moi, messieurs, mesdames et mesdemoiselles). Et puis, rien que l'idée que ma broadcast puisse s'appeler un truc du style "Patchwork", ça me donne envie de me parfumer au patchouli et de porter des salopettes et non, ça, ce n'est pas possible, c'est maaal, très maaaaal. Alors, ben, voilà je suis en grande réflexion sur ce que je pourrais bien faire d'un temps d'antenne de 30 minutes... (Ne visons pas les 1 heure comme avec l'Apéro Night... Ca serait définitivement ingérable avec moi seule aux commandes!)
Reste à savoir également si tout ce qui me traîne dans la tête reste presque intéressant à déballer. Parce que faire une ressucée de Moi et Mon Ego, ça ne serait pas le top non plus, je vous en fais déjà assez des tartines ici. (Eh! Venez pas vous plaindre, avec le titre de mon blog, vous étiez prévenus les gars).
Tout ça pour en arriver où?
Je sais que je viens d'ouvrir ce blog, que y'a des points rouges qui s'étalent un peu partout aux Etats Unis, sans que je sache si ce sont des gens qui aterrissent là par pur hasard ou s'ils me lisent vraiment, qu'en France, la plupart des gens qui sont venus me connaissent dans la vie concrète et palpable... Mais, honnêtement, moi, j'ai besoin de Muses ou alors de Garde-fous ou des Deux.
Alors, les enfants, soyez pas timides, faudrait peut-être vous mettre à me laisser des commentaires. (Ouech Ouech! Viens et lâche tes comms! - Oups j'ai eu un problème e-spatio-temporel, je me suis crue dans un Skyblog).
Et notamment, hein, parce que je ne vais pas miss the point, si vous avez des idées pour cette éventuelle émission de radio, ou dans le cas où vous ne seriez pas loin, si vous avez envie de me rejoindre dans cette folle aventure (et échouer à Lavaur City dans le Tarn 3 à 4 fois dans le mois), ben, comment dire? N'hésitez pas à me faire part de vos suggestions ou autre! Qu'est ce que vous avez toujours rêvé d'entendre à la radio sans jamais oser le faire ou le trouver? En sachant que R d'Autan est écoutable en ligne, on the Web, it kicks its ass my friends, même de (par exemple tout à fait innocent) la lointaine Californie, vous pourrez souffler à mon esprit vos suaves réflexions et entendre ensuite ma voix si sensuelle les prononcer.
Je sais bien que ce post ne va avoir aucun succès parce que les gens sont flemmards hein, et je leur en veux pas, parce que moi la première je le suis, et puis se lancer une pierre à la gueule toute seule que ce soit en premier, en second ou en troisième et caetera, ben c'est vraiment con.
Mais, on sait jamais et puis au passage, ça me permet de vous rappeler que vous pouvez aller faire un tour sur le forum de l'Apéro Night, qui lui restera actif, même après fin août, http://aperonight.xooit.com, que vous pouvez également nous écouter pendant encore 1 mois et demi sur R d'Autan www.rdautan.fr. Si vous ne l'avez pas encore fait, bienvenue à vous; aux autres, enjoy!

Et puis, la dernière petite note décidèment joyeuse pour ce post, je viens d'apprendre que je m'étais tapée 13 en dissertation sur une des UE les plus dures de mon année. Et ça, ben c'est genre, petite danse de la joie et ma pauvre Lou (mon chat hystérique et bouffeur de pieds) m'a regardée comme si j'étais devenue folle. Ou disons plutôt que je l'ai anthropomorphisée de façon à ce qu'elle soit le miroir de ma propre déconvenance et que je réalise à quel point j'étais ridicule.

Et tous en choeur : Merci Lou!

dimanche, juillet 09, 2006

Nuits grises - Part Three


Je voudrais m'arrêter d'écrire des fois. Décider de vivre une vie simple, avoir des enfants, faire un boulot presque satisfaisant. Ne plus me demander à tout bout de champ si je suis vraiment marginale ou si c'est juste une impression que j'ai envie de me donner. Quand on commence à avoir une certaine liberté de penser, on se pose cette question fatidique (enfin... dans mon cas du moins, c'est vrai), est-ce que c'est moi qui suis complètement frappée de pousser la perception que j'ai du monde jusque là? Ou est ce que la plupart des autres restent en deça? Question furieuse d'orgueil... La primauté du regard de l'artiste sur le monde et tout le tintouin, ça pue à trois kilomètres ce genre de problèmatiques. Surtout quand on essaie de se convaincre que rien n'est vertical, que tout peut se cotoyer. Je veux dire que le regard que porte la ménagère de moins de 50 ans sur la vie est aussi riche que celui d'un grand sociologue. Pour sûr, les deux ne nous apprennent pas des choses du même accabit. Pourtant, c'est toujours la même histoire : tout dépend du point de vue que l'on adopte dessus. Il n'y a rien de condescendant à regarder la bêtise humaine comme telle. Ce que je veux dire, c'est que les gens sont bêtes, c'est un fait. Est ce qu'on va encore longtemps palabrer dessus en espérant se changer? Ou se complaire dans un désespoir outré? Elle est naturelle, cette bêtise. C'est la peur. Et moi, je la comprends cette peur. Je supporte plus qu'on me rabatte les oreilles avec des putains de clichés qui te font croire que tu peux accéder au bonheur. Le bonheur, c'est la politique de l'autruche. Attention, hein, petite précision, chers amis internautes de tous poils : je suis tout sauf une fille rabat joie, je ris tout le temps (même trop, même quand c'est triste, même quand la réaction des plus appropriées serait de pleurer), l'humour, c'est pas un masque, c'est ma seule arme... Alors, non, je ne suis pas dépressive, je n'élève pas des corbeaux morts, et si je porte beaucoup de noir, c'est parce que ça amincit ma silhouette. Mais, le bonheur, merde, c'est n'importe quoi. C'est comme l'amour tiens, on dirait que ça a été inventé juste pour nous donner un but qui mélange à la fois charnel et spirituel (manque plus qu'un peu de vénalité dans l'histoire et on a tout ce qu'il faut là) et qu'on ait l'impression de mourir moins con sans rien savoir de la vie juste parce que vous comprenez, on a "aimé" (laissez moi le gerber un peu ce mot). Alors, oui, moi je la comprends la peur. On a inventé un mot pour ça : l'absurdité. Je me souviens, des fois, je me levais le matin et encore abrutie de sommeil, après avoir avalé un café (ou pas selon le temps qu'il lui était resté imparti), j'allais prendre un train. Je me souviens encore de cette sensation saisissante que j'avais ressenti à l'aube d'un jour plus commun tu crèves et qui ne m'a pas laché depuis : je suis arrivée devant la gare et je me suis demandée pourquoi il y avait des parkings. Je sais pour quoi il y a des parkings mais je ne sais pas pourquoi... (Je tiens à préciser qu'à ce moment-là, je n'avais pas encore lu La Nausée de Sartre, que je n'ai toujours pas fini, je crois que cela me ramène trop à mes propres égarements...) Je crois en tout cas que là, ça a été tout simplement le début de la fin. Mises bout à bout, nos vies elles ne ressemblent à rien, tout le boulot, ce qui nous fatigue le plus, c'est d'y trouver une cohérence à ce joyeux bordel. Et ben, les gens qui vivent, qui font des gosses et qui bossent comme des connards, ils ont pas le temps de se crever à réfléchir à tout ça. Et moi qui végète, j'ai pas envie d'en trouver du sens à leur place aux gens. Parce que il y en a pas de sens, que tout est une course effrenée vers le néant et que même l'immobilisme est encore un mouvement vers la dénégation.

mardi, juillet 04, 2006

Nuits grises - Part Two

Des fois, je ressens une rage en moi, c'est indescriptible. une envie furieuse et cataclysmique de tout détruire, de tout défigurer, peut-être même de mourir : Un sentiment extrême de honte et un besoin de rentrer six pieds sous terre afin de ne plus jamais jeter à la face du monde l'affront de mon existence, de mes chimères... Alors, je reste impuissante et j'attends que ça passe, souvent dans ces moments-là d'ailleurs, mon asthme ressurgit. Je ne fais pas de crise à proprement parler mais, je sens bien que ma respiration est génée, que je suis encombrée... Je fume quand même en me disant que je ne devrais pas, mais peut-être qu'aggraver mon mal physique me permet-il de mieux supporter cette colère, cette haine inavouable qu'à y bien réfléchir, je transporte en permanence en moi. Et puis, vient la nausée, terrible nausée. J'ai appris à presque l'aimer pour l'issue purificatrice qu'elle décèle. Pourtant, je ne vomis pas à chaque fois. L'idée de soulagement doit me suffir...
Et puis, peu à peu, parce que je me change les idées, le noeud dans mon estomac se dénoue quelque peu. Ca me fait penser aux écouteurs de mon lecteur MP3 qui s'emmèlent tout le temps. Je suis à la fois agacée et ravie d'avoir à m'atteler à tout ça. Je prends tout mon temps, je ne tire pas dessus en espérant que par magie, tout va se défaire. Je peux me montrer très patiente. Et puis quand je peux enfourner enfin mes écouteurs dans mes oreilles, ce sont les Années 70 dans ma tête et ça m'apaise vraiment. Il y a la rage, il y a l'écoeurement, le dégoût, la peur, mais aussi cette furieuse envie de vivre et de (se) créer...

(faut vraiment que je trouve le moyen de mettre de la musique sur ce blog... y'a pas un geek dans le coin qui saurait s'il vous plaît?)

Untitled-1

Laissez-moi me confondre avec le bruit du vent
Aux doux murmures de la nuit qui chuinte
Milles apparences et milles désespoirs aidant pour cette vie feinte
M'abîmer toute entière dans l'espoir agonisant

Enfantillages, cruauté à jamais épanchée
Ecrémées les profondeurs célestes, enchasser les orages ajournés
Dégouline le monstre de ma solitude, poison dégorgé, perfide lune,
Le sacrifice est entier, surgit la lame blanche, l'horizon des écumes.

Voilà que la mort rode en mon sein qui s'affaisse
Laisse couler ce sang, il vole à mon secours
Emporte avec toi le souvenir de mes maladresses
Mais laisse enfin se répandre le sang de mes amours

(Un des rares dont j'ai la date exacte d'écriture : 17.02.06)

jeudi, juin 29, 2006

De ceux que j'admire...


Bien qu'aux arts d'Apollon le vulgaire n'aspire,
Bien que de tels trésors l'avarice n'ait soin,
Bien que de tels harnais le soldat n'ait besoin,
Bien que l'ambition tels honneurs ne désire :

Bien que ce soit aux grands un argument de rire,
Bien que les plus rusés s'en tiennent le plus loin,
Et bien que Du Bellay soit suffisant témoin
Combien est peu prisé le métier de la lyre :

Bien qu'un art sans profit ne plaise au courtisan,
Bien qu'on ne paye en vers l'œuvre d'un artisan,
Bien que la Muse soit de pauvreté suivie,

Si ne veux-je pourtant délaisser de chanter,
Puisque le seul chant peut mes ennuis enchanter,
Et qu'aux Muses je dois bien six ans de ma vie.

Joachim Du BELLAY Les Regrets, Sonnet 11

Tranchons dans le vif...

C'est un texte qui a quelques mois, et qui avait été victime d'une vague polémique stupide dans mon ancien blog. J'étudie les Lettres Modernes, et je n'ai pas envie de m'amuser à faire des explications de texte de mes propres écrits. Une chose seulement : C'est un texte qui peut se lire à divers degrés. Chacun des degrés a sa vérité. Il y a une certaine ironie et je me moque de moi-même et de mes névroses dans ce texte... Pourtant, elles sont là, bien présentes alors autant les accepter dans leurs vérités premières aussi...

En ce moment, j'ai constamment une image qui me hante la tête. Il s'agit d'une projection de moi-même, m'acharnant avec un couteau (genre poignard de rituel) sur un espèce d'énorme bout de barbaque, qui me tient lieu d'ego en fait. Ca ressemble à une sorte de foie. Mais un foie tout abîmé, genre cirrhosé le foie, bien maladif avec une couleur toute dégueulasse. Un débris tout boursouflé d'excès et de plaies sanguinolantes. Et moi, je suis là avec mon couteau pour essayer de le tuer, ce putain d'ego. Et je m'acharne parce que le truc, il est bien vivant, il veut pas crever. Il faut savoir qu'il bouge vraiment l'enfoiré, il m'échappe inexonerablement, soubresautant et se substituant à la moindre de mes prises belliqueuses à son encontre. Quand j'abandonne la bataille et que je le caresse un peu dans le sens du poil (si je puis dire), il rend un peu de jus mon ego, c'est amer mais c'est un peu sucré aussi et comme je n'ai jamais eu peur de la soupe à la grimace, je distille tout ca et j'écris.

Il n'y a pas longtemps, j'ai laissé mon cerveau choir un peu et je me suis dévidée de ces quelques lignes :

"L'écriture est une entreprise solitaire. Elle vous soustrait de votre famille, de vos amis, de ce que vous etes vraiment. Vous êtes tout entier à écouter les autres dans l'idée d'en tirer une substance propre à tout ce que votre être aspire : écrire. L'écriture en plus d'être solitaire est indubitablement dans les moyens nécessaires de sa réalisation terriblement égoïste"

Ah oui! L'ego est également un fieffé fouteur de merde, moqueur ou menteur comme vous préférez!


L'écriture n'est là que pour justifier son existence.


En réalité, je ne vis que pour, par et avec moi-même. L'immense poids de culpabilité qui en découle étant assez ignoble, il faut bien que je puisse m'en exorciser un peu! L'écriture est un don de soi. Mes mots ne vivent que si vous les lisez, ils n'ont d'importance que s'ils sont une résonnance pour vous. L'écriture est un acte gratuit, une justification à toute la place que prend mon moi dans ma vie. Je peux être le chantre de l'univers, il n'y a toujours que moi et moi seule qui décide de ce que je proscris, bannis, accepte, adule, aime, hais. Ca prend vraiment à la gorge d'être trop soi-même, de se ballader avec son ego en bandoulière en permanence.


Alors moi, je n'écris pas pour me grandir, ni m'élever, vous comprenez... Mais pour me diminuer...

mardi, juin 27, 2006

En train...

Ce texte, je le dédicace à Ben, que j'ai rencontré dans le train... Je l'ai écrit il y a quelques années de ça... Il y a certaines choses avec lesquelles je suis beaucoup moins d'accord aujourd'hui, le style n'est pas assez soigné à mon goût, il y a des flottements, bref... Il a des faiblesses. Mais, il reste quand même le symbole de toute une époque de ma vie, et le premier texte que j'ai partagé avec cet abruti de Benjamin que j'aime. J'ai même rallongé la fin après l'avoir rencontré, c'est pour dire combien il m'a illuminée... Lisez et vous comprendrez.

Jusqu’où peut aller la tolérance ?
J’aime écrire dans le train. Surtout lorsqu’il fait nuit. Tout est opaque. Les gens lisent des journaux aux thèmes insoupçonnables, ils mangent des chips, des sucreries, et c’est presque aussi dérangeant qu’au cinéma… C’est une atmosphère particulière. Il n’y a qu’une seule chose qui réunisse ces personnes-là : le lieu où ils vont. Distillés en arrêts dans des gares aux noms toujours improbables, le train se vide peu à peu. C’est trop souvent un soulagement car, ici, il est oppressant de n’être qu’un parmi d’autres. Bien sûr, la Solitude trace chacun de nos pas, qu’ils nous mènent en avant ou en arrière. Pourtant, cet univers est plus spécial. La pression se dilue au fil du temps.
Aujourd’hui, j’observe. La fatigue me rend parfois lucide. Et dans cette lumière blafarde, est né un environnement presque studieux. Chacun a trouvé quelque chose à faire, à lire, ou alors, on tente désespérément de dormir, on regarde par la fenêtre… Tout ça pour quoi ?
Pour échapper à la tentation irrésistible de croiser le regard de la personne assise en face de nous ?Ne pas déchiffrer le nom du roman de notre voisine ? Eviter un quelconque contact !
Ne pas s’investir, après tout, nous ne sommes là que pour quelques minutes, quelques heures tout au plus.
On dit que le train est un lieu de rencontre. Alors peut-être doit-on ce silence pesant à la moyenne d’âge ci-présente ? Il est vrai que j’ai connu voyages plus gais. Ce n’est ni l’heure ni le jour pour être joyeux et ouvert. Nous sommes lundi et il est 19h25. S’ils ne lisent pas, peut-être méditent-ils sur leur journée de dur labeur ? Comme j’aimerais parfois briser ces règles, ce consensus de stress et d’énervement. Mais j’en suis aussi victime… Sommes-nous tous en train de devenir fous ?
Voilà que je me pose des questions vraiment stupides maintenant. Aurai-je oublié que le monde quoi qu’il arrive est définitivement absurde ? Voudrait-on me faire croire, voudrai-je –excusez-moi, me faire croire que ma vie a un sens ? A travers les horaires de train, les emplois du temps, les heures de repas à respecter, je me dessine une vie déjà vécue, je m’avoue vaincue d’avance. Suis-je encore trop adolescente pour cela ?
Et si je prenais ça comme un jeu, vous joueriez avec moi ? Je suis étudiante, je travaille, et tous les soirs, je rentre par ce train. Celui-ci est pour la plupart du temps totalement non fumeurs, ce qui a le don de m’énerver. N’y voyez aucune considération politique, c’est juste que je suis intoxiquée jusqu’à la moelle ! Peut-être est-ce dû à l’absence de nicotine mais tous les soirs, dans ce train, je ne suis rien. Je fais comme tout un chacun, je m’occupe et … J’espère pouvoir tuer un jour le monstre de Solitude et de lâcheté qui me paralyse, qui nous paralyse. Quelques rêves qui s’étiolent ne tueront pas l’Espoir. C’est ainsi que je veux vivre. Je veux voir, je veux comprendre. Et je me sens seule parfois. Cette journée qui s’achève m’a vidée, porter le masque social peut étouffer et ce soir, j’ai envie, non, j’ai besoin d’exprimer toute cette souffrance et toute cette dérision joyeuse dont regorge le monde. Je n’ai que mes mots et vous. Jouez avec moi. Ce n’est plus une proposition, c’est une supplication. Où est notre humanité ? L’Homme me dégoûte, m’énerve, m’horripile. Je l’aime pour ses forces et ses faiblesses, pour les fantômes qu’il fait naître et pour ce qu’il arrive à faire de son Présent… Lorsqu’il ne se contente pas d’être médiocre…
C’est avec grande joie que je perçois à quel point l’Humanité est méprisable et si peu attentive… Mais, je veux ce monde autant mien que possible. Non pas dans le but de le changer, il ne s’agit pas d’une tentative non plus de contrôler quoi que ce soit (ce serait une entreprise ô combien inutile et suicidaire !), j’ai simplement un besoin impérieux d’aventures.
Rêver de notre propre réalité, voilà tout ce qu’il nous reste. Pourtant ce paysage qui défile reste irrémédiablement le même…
Et puis, il y a ces autres. Au gré des silences, de ce rythme lent, carbonique. Il y a la moisson des regards et des sourires.
Nous sommes tous fauchés.
Et de fait, riches avec si peu…

samedi, juin 24, 2006

Nuits Grises - Part One

Et si j'ai une inspiration fulgurante là et que je me lève, ça te dérange? Voilà ce que je lui ai dit, il faisait une nuit bien noire ce soir-là... Il n'avait pas dit grand chose : juste, non, vas-y... Alors, je me suis levée, j'ai allumé l'ordinateur et je me suis mis à écrire, j'étais comme folle, possédée par ma plume (bien que cette expression ne reste à cause de la nouvelle technologie que, hum, métaphorique.) Une histoire est née, mais quelle histoire? On me dit souvent que je devrais écrire sur ma vie, parce que j'ai de l'humour et qu'il m'arrive aussi toujours tout un tas de trucs extraordinaires... Le problème, c'est qu'une fois raconté oralement, les souvenirs se dépèchent de quitter ma mémoire. Ils m'ont illuminée un instant, ont ébloui ces autres qui daignent m'écouter et me quittent ensuite. Comme s'ils avaient accompli leur devoir et que maintenant, ils ne devaient plus exister. Avoir une mémoire de la sorte, une mémoire qui fait que quoiqu'il arrive, je ne vis qu'au jour le jour, ça a ses avantages. Ca laisse beaucoup de portes ouvertes à l'imprévu, à l'imprévisible... Pourtant, l'inconvénient, c'est qu'on devient vite en attente, presque accro à ces instants de "magie". Je suis souvent à les guetter, à les espèrer. Non pas parce que je déprime, mais parce que cela m'ouvre incroyablement la tête, c'est comme une bouffée d'oxygène... C'est comme ce soir là où je laissais couler les mots sans discontinuer, où tout était fluide et sans efforts... C'est rare... Alors que souvent dans l'écriture, on se retrouve coincé. Regardez comme je suis attablée au comptoir de ce bar, je veux boire quelque chose mais que prendre? Il y a tant d'alcools différents, de tous les goûts et de toutes les couleurs... Alors, de quoi j'ai envie à ce moment précis, en cet instant t du temps, que me faut-il? Qu'est ce qui convient à mon humeur? Et puis, là, je jette un coup d'oeil angoissé à mon sac. Est-ce que j'ai assez? Oui, d'accord, le problème du financement est essentiel mais tout dépend aussi ce que je décide de consommer... Alors, de quoi j'ai envie?
On attend et on remet à plus tard? J'ai trop bu hier peut-être? Ou alors je crame trop ma vie par les deux bouts en ce moment, et si je m'allumais plutôt une clope? Tout ce questionnement, en vérité, ça ne me tient pas éveillée tant que ça, on s'imagine souvent les écrivains penchés sur leurs cahiers la nuit, le teint livide, un peu de salive au coin de la bouche, éructant de fièvre, de ferveur... Ca, c'est pour la version maudite et bohème, il y a aussi celle de l'Ermite, un gars sain (il est quand même un peu marié et un peu père), qui fait son boulot avec des horaires de fonctionnaire... Et puis, y'a ceux qui savent pas encore comment ils sont censés s'y prendre et je crois bien que j'en fais partie... Pas seulement vis à vis de l'écriture mais peut-être tout simplement de la vie. Je cherche toujours les complications. Les complications parce que comme ça, je ne peux que m'attarder sur des détails, les vices de forme, ces petits vices de procédure qui rendent une situation parfaite totalement ratée, ou inversement qui donnent du charme à quelque chose de complètement cataclysmique. Je ne prends toujours la vie que comme elle est : on apprécie donc ma sagesse, mon détachement... Ceux qui me connaissent savent bien la vérité, eux. Et heureusement... Mais, je suis cette personne-là, prête à tout accepter, parce qu'à regarder ce qu'il se passe autour de moi, l'incohérence est reine alors il s'agit bien de lui trouver au final une certaine logique interne. Je me souviens que cette nuit-là, je l'ai regardé dormir pendant longtemps, ça ne m'a pas apportée de réponses, mais ça m'a apaisée. A bien y regarder, nous sommes absurdes, nous sommes terriblement vains. Puis, j'ai attendu pendant longtemps, très longtemps, j'ai regardé le jour se lever sur mon balcon. Assise, droite sur ma chaise en bois. C'était terriblement inconfortable mais cela me tenait éveillée. J'ai regardé le soleil monter peu à peu, prendre ses droits sur la nuit. J'ai regardé la clarté devenir puis être. Ca ne m'a pas transformée de l'intérieur, ça n'a pas chassé mes démons, je n'ai pas été en adéquation avec ce qui s'opérait sous mes yeux. J'ai réalisé que quoiqu'il arrive, j'étais heureuse, que la lumière me piquait les yeux mais qu'elle réchauffait ma tête, que ma nuit blanche me laissait pantelante de fatigue mais qu'elle m'offrait la perspective de percevoir la vie avec cet espèce de voile brumeux parfois bien plus lucide que n'importe quelle visée objective, que si je ne savais pas quoi faire de moi-même, au moins, je savais bien qu'il fallait que je trouve.

jeudi, juin 22, 2006

La Fête de la Musique et Moi

Voilà, le premier post de vrai "blog", c'est-à-dire un post où je raconte joyeusement ma vie en essayant un tant soit peu de la rendre intéressante... Il va donc falloir a priori que cela soit drôle... Je dirais même que c'est la condition sine qua non. Hier, donc, fête de la musique... De musique, j'aurais surtout entendu la confusion des genres qui s'épanouissaient tous les trois mètres... (et zavez vu, un peu de phrases littéraires aussi pour faire genre, je vis ma vie avec art, c'est merveilleux). Tout ça pour dire quoi? Qu'hier, j'étais complètement ivre, que j'avais envie d'aimer tout le monde, qu'ensuite j'aurais préféré haïr tout le monde, y compris (et surtout) moi-même? L'alcool, c'est pas grand chose... La vérité, c'est cette putain de solitude qui me pèse... Oh comme je l'aime ma solitude... Et comme j'aime cette impression d'être tout droit sortie d'une série américaine de mauvais goût pour teenagers... Mein Gott!
A droite, vous pouvez voir mon air dépité. Dé-li-cieux!
Ces prochains jours, je vais pas bouger de chez moi, je vais écrire un putain de texte, ou du moins en commencer un. C'est tellement difficile de faire que votre vie vous ressemble en permanence... Et des fois, ben vous le voulez tellement et vous prenez tellement pas les chemins qu'il faut pour cela ben, que ça finit par vous échapper! L'hypertrophie du moi, moi, je dis c'est pas gégé.

lundi, juin 19, 2006

Charisme...

Ce texte comme vous allez le comprendre a été écrit à l'occasion des émeutes dans les cités en France, le point de vue que je retrace ici reste bien en deça de la portée de ce qui s'est passé alors... Pourtant, j'ai essayé avec ce texte très léger de montrer à quel point les gens peuvent ne pas comprendre, ne pas saisir la difficulté de vivre en HLM et surtout d'habiter dans un pays, qui se disant fort d'un certain métissage culturel et ethnique (et cela à raison d'une dimension toute historique), reste profondèment chauvin.

Elles sont bien hypocrites. Culs serrés et petites moues. Cabochardes qui se cachent derrière un parfum plus coûteux que leurs propres vêtements. Les gens qui ont envie d’être riches se sentent. Elles sont donc toutes là à pincer du nez au dessus de la table de pause en secouant vaillamment la cendre de leur Malborlo Light au dessus du cendrier. Elles crachent sur la plèbe. « Voyons mais ils mettent le feu, ils emmerdent le monde », sous entendu, merci aux sauvages qui se sont incrustés en France. Moi ça me donne des humeurs ce genre d’expressions de la bêtise. Je me tourne vers la poule qui a ouvert la bouche, hausse un sourcil et lui offre un coup d’oeil des plus dubitatifs. Je sais à cet instant qu’elle se sent très conne. Elle ne se remettra pas en question, oh ça non ! Allez pensez une pintade… Mais ainsi est fait le désir de séduire d’une femme à tout prix : lancez lui un regard perplexe quand elle balance une ânerie et elle ne saura plus où se mettre, là où, avec une de ses congénères, elle aurait sorti ses griffes et défendu son droit de liberté de penser et d’expression . Mon Dieu. Bon ok, ils brûlent des voitures et alors ? Faut bien essayer de comprendre pourquoi ils le font non ? Ok, ok, c’est mon vieux côté gaucho qui ressort à à peine 24 ans, mais qu’est ce que vous voulez ? J’ai été éduqué comme ça moi… Et puis mépriser des êtres humains à ce point, c’est pas pensable. Moi, je la comprends la poule, je sais pourquoi elle est aussi conne, je peux donc l’abhorrer en toute quiétude… Mais ceux qui embrasent la ville, est ce qu’elle a essayé de se mettre à leur place une seule seconde ? Non, bien sûr que non …Mais c’est même pas elle et ses copines qui m’effraient… Ca, c’est au travail, un truc que j’oublie dès que j’ai passé la porte. Après j’aime bien retrouvé mon petit monde et je vais souvent boire le thé chez une copine, histoire de me remettre le cerveau à l’endroit. La dernière fois que j’y suis allé, c’est là que j’ai eu vraiment peur. J’y ai rencontré une amie à elle, une vague connaissance pour moi. Mais quel bout de femme ! Il y a de la détermination dans chacun de ses gestes, une sorte de grâce précise. C’est vrai qu’elle me fait de l’effet. Mais pas comme les autres. C’est comme du feu sous la glace cette fille-là. J’en laisse rien paraître alors elle ne doit même pas s’en douter. Je suis très doué pour ça. Tout à l’heure, je faisais du charme à la gloussante et maintenant je me tiens coi. C’est tout moi ça tiens. Heureusement, ça m’empêche pas d’être hachement spirituel. Je les fais rire et c’est ce que je préfère. Quand je vois des filles sortir de leur réserve et se payer une bonne tranche de rigolade. (rien à voir avec du gloussage, de toutes façons, ces filles ne savent pas ce que ça veut dire rire). Mais, trio boiteux oblige, quand on n’a rien à se dire, on parle actualité. Moi je dis dans trois mois tout le monde aura oublié et on ne parlera plus que des problèmes d’assurance es types lésés. C’est pas grave, allons-y pour notre quart d’heure politique. Qui dure finalement ttrois quart d’heure, une heure, une heure et demi. Je suis épuisé. Ma belle s’époumone, si elle pouvait ouvrir la terre en deux et faire tomber tout le monde dedans je crois qu’elle le ferait.

-Mais ils ont tué des gens ! Tu te rends pas compte, toi ! Ils ont tué une fille, elle était en fauteuil, ils l’ont brûlée vive !
-Combien ? Combien sur tout ceux qui foutent le bordel ? Trois, quatre ? Tout au plus… tu ne vas pas condamner quelques centaines de personnes à cause de ça non ? (tout ça en hurlant bien sûr)
-Et toi, là ! Tu ne dis rien ? (Toi, c’est moi) Et qu’est ce que tu dirais si on cramait ta bagnole hein ?
(Pas grand chose vu que j’ai pas le permis… Je sais je sais à 24 ans ça craint.)
-…
-Alors tu dirais quoi ?
-Ben j’sais pas, j’suis tellement pas matérialiste tu comprends ? J’m’en fous un peu.
-attends , tu vas pas me dire que ça te foutrait pas en rogne ? !Imagine ! Tu passes deux ans, t’en chies pour te payer ta putain de caisse et on te la crame, t’as les boules quand même !(Je ferais jamais ça, j’ai le mythe de la poubelle qui roule aux quatre coins du monde ancré dans la tête, ça c’est mon côté post soixante-huitards moisi, on se refait pas…)
Bon, j’essaie de me mettre à ma place si je faisais ça.
-… Ben, j’sais pas. J’m’en fous.
-Non, non, non !!! Là, je peux pas le croire. Admettons que t’aies pas pris une assurance tout risques (!), tu vas devoir allée au tribunal, tout ça… Alors tu essaierais pas d’intenter un procès à ceux qui ont brûlé ta voiture, si jamais on les retrouve ?
-…
-Non, ne me dis pas que… Mais c’est dingue, ça !
Timide avancée de ma copine Linda …
-Tu sais, si ils crament des caisses comme ça,n c’est qu’ils ont leurs raisons, c’est pas gratuit !
-Ah oui ?! Et moi est ce que je vais en brûler des voitures ? Moi aussi, j’ai vécu en cité au Mirail et même dans une baraque, il faisait 9° l’hiver ! Alors, moi, est ce que je mets le feu, hein ?
Nous voilà partis dans le concours de souffrance ! Ce que je déteste ça ! Je vais éviter de le dire, ça servirait à rien, ou plutôt ça envenimerait les choses. Il faut laisser la colère se dévider. Il faut qu’elle s’épuise dans sa propre peur… Ces réactions sont si violentes que ça ne peut pas être ce qu’elle pense… Ce n’est pas possible…
Maintenant, il y a comme un silence de mort entre chacun des mots qu’elle prononce.
-Et puis, si ils sont pas contents, ils ont qu’à retourner dans leur pays ! C’est vrai quoi ! Tu connais la proportion de la population maghrébine en France toi ?
-…
-C’est énorme et on est en France merde !
-…
-Avant le symbole, c’était un type avec une baguette et un béret, maintenant ça va être quoi ? Une nana avec une djellaba ? et puis après tout, ils avaient qu’à pas venir ici !
Là ma toute belle, tu viens de t’enlaidir gravement à mes yeux. Je ne peux pas laisser passer ça, c’est au dessus de mes moyens.
-Putain mais c’est le gouvernement français qui est allé chercher de la main d’œuvre en Afrique du Nord ! Il les faisait vivre dans des maisons en papier mâché !
-Et moi alors ??
Et que je te remette sur le tapis ô combien moi j’ai souffert. C’est fou comme une personne peut perdre son charme quand elle a décidé d’être obtus… J’avais presque envie de l’aimer, de l’aider cette demoiselle en détresse d’ouverture d’esprit. Mais en cet instant bien précis, je me sens juste con et impuissant. Il est passé où mon charisme masculin à deux balles là ?

mardi, juin 13, 2006

Music - Come always on time...


PJ Harvey / Dress ( Dry )

Put on that dress
I'm going out dancing

Starting off red
Clean and sparkling he'll see me
Music play make it dreamy for dancing

Must be a way that I can dress to please him
It's hard to walk in the dress it's not easy
I'm swinging over like a heavy loaded fruit tree

- If you put it on

It's sad to see
Lonely all this lonely
Close up my eyes
Dreamy dreamy music make it be alright
Music play make it good for romancing
Must be a way I can dress to please him
Swing it sway everything'll be alright
But it's feeling so tight tonight

-"You purdy thang" my man says
"But I bought you beautiful dresses"

Filthy tight the dress is filthy
I'm falling flat and my arms are empty
Clear the way better get it out of this room
A fallen woman in dancing costume

Bjork / I Miss You (Post)

I miss you
But I haven't met you yet
So special
But it hasn't happened yet
You are gorgeous
But I haven't met you yet
I remember
But it hasn't happened yet
And if you believe in dreams
Or what is more important
That a dream can come true
I, I will meet you
I was peaking
But it hasn't happened yet
I haven't been given
My best souvenir
I miss you
But I haven't met you yet
I know your habits
But wouldn't recognize you yet

And if you believe in dreams
Or what is more important
That a dream can come true
I miss you
I'm so impatient
I can't stand the wait
When will I get my cuddle?
Who are you?
I know by now that you'll arrive
By the time I stop waiting
I miss you